Mon premier article (disponible ici) établissait que l’humanisme européen ne fut pas une simple exaltation de l’humain. Il a constitué un cadre historique de sélection, de hiérarchisation et de légitimation. Il a défini la figure autorisée du sujet universel, imposé des critères de civilisation, distribué la valeur entre les savoirs, les techniques et les formes d’organisation du monde. En ce sens, il a contribué à capturer la définition même du progrès et de l’innovation. Il montrait aussi que cette logique n’appartient pas au seul passé impérial de l’Europe. Elle continue à travailler le présent. Le cas du numérique l’illustre avec une netteté particulière. L’exemple du Web, né au CERN avant d’être capté ailleurs, demeure à cet égard décisif, parce qu’il montre comment une avance scientifique ou technique peut ne produire aucune centralité durable lorsqu’elle n’est pas reconnue à temps comme enjeu de puissance, de marché ou d’infrastructure civilisationnelle. Si l’Europe a perdu la bataille industrielle du numérique, elle a d’abord manqué la qualification stratégique de ce qui advenait, parce que cette mutation ne correspondait pas à ses hiérarchies établies du savoir légitime, de la science noble et de l’innovation sérieuse.
C’est à partir de ce point qu’il faut avancer. Si l’humanisme européen a durablement configuré les cadres de légitimité du savoir, du progrès et de l’innovation, alors le problème contemporain de l’Europe excède largement les thèmes familiers de la compétitivité, de la croissance, des ressources ou du retard sectoriel. Il touche à une difficulté plus profonde, qui concerne la manière dont le continent lit le réel, qualifie les ruptures historiques et envisage sa propre réinvention. Ce qui se joue aujourd’hui ressemble d’abord à une crise de lecture du monde. Les diagnostics récents sur la productivité et la compétitivité européennes convergent d’ailleurs en ce sens lorsqu’ils montrent que la faiblesse du continent relève moins d’un accident conjoncturel que d’une difficulté plus structurelle de transformation, d’échelle et de diffusion des gains de productivité dans l’appareil économique européen. L’Europe cherche encore à se transformer à l’aide de référentiels qui avaient soutenu sa centralité historique, mais qui l’empêchent désormais de saisir pleinement la nature du siècle qui vient. Son trouble engage une anthropologie implicite, une vision du politique, une philosophie de l’histoire et, au bout du compte, une difficulté stratégique.
Cette situation éclaire le décalage croissant entre les discours européens sur l’innovation et leurs effets réels. Les programmes, les plans, les financements, les stratégies, les feuilles de route et les sommets consacrés à l’avenir technologique se multiplient. Pourtant, à mesure que l’impératif d’innover est martelé, un malaise se précise. Quelque chose échappe à l’Europe dans la définition même de ce qu’elle veut promouvoir. Elle cherche encore à produire du nouveau sans avoir véritablement rouvert les catégories à partir desquelles elle juge ce qui mérite d’être tenu pour neuf, pour décisif, pour stratégique et pour civilisateur.
C’est ici que le lien entre humanisme, innovation et souveraineté apparaît avec le plus de netteté. Le problème ne vient ni d’un manque d’intelligence, ni d’une pénurie de laboratoires, de chercheurs, de savoirs ou d’ingénieurs. Il vient du fait que l’Europe peine à réviser son interprétation du monde. Elle tarde à reconnaître certaines bascules historiques. Elle investit massivement des domaines et des disciplines sans toujours percevoir les déplacements de pouvoir qu’ils transportent. Elle continue à lire l’innovation comme une catégorie d’amélioration, parfois d’excellence, souvent de modernisation, alors que les transformations décisives du siècle déplacent les dépendances, les formes du collectif, les infrastructures invisibles du pouvoir, les cadres de validation du vrai, les seuils de commandement sur le vivant, sur la donnée, sur l’attention, sur l’énergie et sur les chaînes critiques.
Autrement dit, la langue dans laquelle l’Europe pense encore l’innovation n’est plus celle de la puissance contemporaine. Elle reste marquée par une civilisation qui a longtemps cru pouvoir distinguer avec assurance la science noble et la technique mineure, la recherche digne et l’expérimentation marginale, la norme civilisatrice et l’invention périphérique. Dès lors, innover signifie trop souvent perfectionner l’existant, améliorer les standards, réguler les écarts, encadrer les risques, élever la qualité. Rien de cela n’est négligeable. Mais rien de cela ne suffit plus lorsqu’une époque impose de redéfinir les formes légitimes du pouvoir, les temporalités de l’action et les matrices mêmes de l’avenir.
Cette difficulté éclaire aussi le problème européen de souveraineté. Celle-ci ne se réduit ni à la capacité de produire sur son territoire, ni à la possibilité de financer ses entreprises, ni à celle de sécuriser ses approvisionnements. Elle désigne aussi la faculté de qualifier correctement ce qui advient et d’influer massivement sur ce qui adviendra. Elle suppose de discerner assez tôt quels objets techniques, quels savoirs, quelles infrastructures, quels acteurs et quels modes d’organisation deviennent stratégiques avant même d’avoir reçu la consécration officielle du sérieux historique. Une puissance qui reconnaît toujours trop tard l’importance de ce qui émerge finit par dépendre d’autres puissances pour se faire désigner le réel. Une telle dépendance engage, à terme, la reformulation de nos modes de vie eux-mêmes.
Or c’est bien ce qui arrive à l’Europe depuis plusieurs décennies. Elle a perdu des marchés, manqué des bascules, laissé filer des entreprises. Plus profondément, elle a laissé à d’autres le pouvoir de définir ce qui compte. D’autres espaces politiques ont qualifié plus tôt qu’elle ce qui est devenu central. D’autres assument désormais plus rapidement la convergence entre technique, industrie, puissance, infrastructure et transformation anthropologique. D’autres, surtout, se laissent moins freiner par les hiérarchies anciennes du légitime et de l’illégitime, du noble et du mineur, du scientifique et du périphérique.
La comparaison avec la Chine et l’Inde devient alors indispensable. Il ne s’agit ni de les idéaliser, ni d’en faire des modèles simples. Il s’agit de comprendre ce qu’elles révèlent de la difficulté européenne. Le point décisif n’est pas que ces civilisations seraient dépourvues d’humanisme. Les grandes synthèses sur les traditions intellectuelles chinoises montrent au contraire la place essentielle d’une philosophie tournée vers l’ordre humain, l’éthique, la culture de soi et le politique, tandis que les synthèses sur la philosophie indienne soulignent la pluralité de ses écoles et la profondeur de ses réflexions sur la personne, la connaissance et la vie bonne. Ce qui importe est ailleurs. Ces civilisations ne sont pas structurées par la même histoire de l’humain, par la même articulation entre universel, raison, progrès, État, collectif et devenir historique. Elles disposent d’autres matrices de légitimation, d’autres continuités civilisationnelles, d’autres manières d’articuler le temps long, le pouvoir politique, la technique, le savoir et l’organisation du collectif.
Une telle différence produit des effets majeurs. Lorsqu’une civilisation n’a pas construit sa centralité historique sur l’idée qu’elle incarne à elle seule la forme universelle de l’humain, elle aborde autrement le rapport entre héritage et mutation. Elle peut chercher la transformation sans la vivre nécessairement comme une trahison de soi. Elle peut accepter des combinaisons plus denses entre traditions intellectuelles, volonté politique, projection industrielle et ambition technologique. Elle peut surtout lire la technique moins comme un simple perfectionnement du monde existant que comme un instrument de reconfiguration de son rang, de sa cohérence et de son autonomie, ce qui éclaire aussi l’importance de notions comme le ren dans l’héritage confucéen, où l’ordre humain, l’éthique et le politique s’articulent autrement que dans le récit européen moderne du progrès.
L’écart ne tient donc ni à de seuls volumes d’investissement, ni à de simples avantages démographiques, ni à des stratégies industrielles mieux coordonnées. Il touche à des structures plus profondes de perception et de décision. L’Europe conserve avec la technique un rapport de justification. Elle cherche à la rendre compatible avec ses normes, à l’intégrer à son cadre de légitimité, à l’ordonner selon ses distinctions héritées. D’autres puissances cherchent plus directement à en faire un opérateur de recomposition. Là où l’Europe régule, traduit, pondère et arbitre, d’autres agrègent plus vite puissance publique, ambition civilisationnelle, expérimentation, infrastructure et déploiement.
Il ne s’agit pas de célébrer naïvement ces autres trajectoires. La Chine et l’Inde ont leurs contradictions, leurs violences, leurs tensions internes, leurs angles morts, leurs formes propres de domination et d’aveuglement. Mais elles posent à l’Europe des questions qu’elle évite encore méticuleusement d’affronter. Comment se transformer lorsqu’on n’est plus le centre naturel de définition du progrès ? Comment penser l’innovation lorsqu’on n’en détient plus le monopole narratif ? Comment affirmer sa souveraineté lorsqu’on ne peut plus supposer que ses catégories du vrai, du souhaitable et du moderne valent spontanément pour le monde entier ?
C’est précisément dans ce contexte que l’Europe paraît la plus démunie. Elle agit encore comme si le monde avait besoin de ses qualifications pour accéder à la légitimité historique. Elle raisonne souvent comme si l’innovation devait entrer dans ses cadres pour devenir véritablement sérieuse. Elle se pense encore comme un espace de normativité avancée, alors même qu’elle ne maîtrise plus les centres majeurs de puissance numérique, qu’elle a laissé se creuser des dépendances critiques dans les biotechnologies, qu’elle peine à imposer sa présence dans les sciences des matériaux, qu’elle voit les techniques de construction se transformer ailleurs avec des rythmes et des ambitions qu’elle sous-estime encore, qu’elle a largement subi la montée en puissance de la voiture électrique, et qu’elle convertit bien trop rarement ses propres savoirs en formes tangibles. Il ne s’agit donc pas de l’échec d’un secteur isolé. Ce qui apparaît ici est une difficulté systémique à reconnaître, dans des domaines très différents, les lieux qui redessinent effectivement la puissance, les normes du futur et les conditions concrètes de la souveraineté. Les analyses récentes sur le quantique, la génomique et les biotechnologies montrent une nouvelle fois ce décalage entre excellence scientifique, potentiel d’innovation et capacité européenne réelle de conversion stratégique.
Dire alors que l’Europe est en retard est largement insuffisant. Le nœud du problème est qu’elle refuse encore de comprendre ce que son retard signifie. Elle l’interprète fréquemment comme un défaut de moyens, d’agilité, de simplification, de coordination ou de compétitivité. Bien sûr, ces variables comptent. Mais elles ne suffisent pas à épuiser le diagnostic. Le retard européen engage aussi la révision de ses propres cadres d'analyses. Il traduit l’épuisement d’un imaginaire du progrès qui se croyait encore assez universel pour ordonner le nouveau. Sylvia Wynter a montré avec une radicalité bien plus profonde que la figure occidentale de l’humain s’était historiquement surreprésentée comme forme générique de l’espèce, transformant ainsi un schème spécifique en norme implicite du monde. Le problème du retard et de l’adaptation engage donc une certaine définition de l’humain légitime, du devenir recevable et des sujets autorisés à entrer dans l’histoire. Il engendre alors des visions du monde, des rapports à l’État, des conceptions du collectif, des régimes de perception du temps, des formes d'acceptation du risque, des hiérarchies du savoir et des manières de distribuer la dignité historique entre les acteurs.
Il faut donc déplacer radicalement le questionnement. Le défi européen consiste moins à innover davantage qu’à rouvrir ce que veut dire innover. Tant que l’innovation demeurera pensée dans le cadre étroit d’une amélioration adossée à des critères hérités du sérieux scientifique, administratif et institutionnel passé, l’Europe continuera à reconnaître trop tard les ruptures qui redessinent la carte du pouvoir. Tant qu’elle n’aura pas compris qu’innover signifie désormais recadrer ses hiérarchies de légitimité, accueillir des formes non homologuées du nouveau, reconfigurer ses manières de lire les marges, les communautés techniques, les expérimentations distribuées, les savoirs ouverts, les infrastructures discrètes et les objets encore mal classés, elle poursuivra son éloignement jusqu’à devenir étrangère au siècle qu’elle prétend pourtant habiter. Naoki Sakai fournit ici un point d’appui particulièrement incisif, parce qu’il montre comment un centre de pouvoir tend à universaliser sa propre langue de légitimation et à soumettre les autres trajectoires à un régime de traduction asymétrique. Le lien avec l’Europe contemporaine est direct. Une innovation peut être visible, documentée, parfois même produite sur le sol européen, sans recevoir pour autant pleine dignité stratégique si elle n’entre pas dans les formats consacrés. Le problème tient alors à un mode de reconnaissance qui n’accorde pleine réalité historique qu’à ce qui se laisse traduire dans les cadres de validité hérités.
Cette réouverture déborde largement la politique industrielle. Elle concerne l’anthropologie implicite d’une civilisation qui a longtemps pensé l’humain comme sujet rationnel, autonome, maître de la forme légitime du monde, et qui éprouve logiquement des difficultés à reconnaître que son avenir dépend désormais de sa capacité à se réinventer. Il s’agit de reconstruire un espace européen capable de pluraliser ses sources d’intelligibilité, de réviser ses hiérarchies du valable, de renouer avec des formes de pensée et d’invention qu’il a délibérément tenues pour insignifiantes, mais aussi de revenir à ses propres capacités de recherche pour créer les innovations au lieu de les subir ou de les importer. L’Europe devra retrouver une énergie d’exploration, une audace intellectuelle et une confiance inventive qu’elle a déjà connues à d’autres moments de son histoire, notamment lorsque la curiosité, l’expérimentation et le refus des cadres établis ouvraient encore des possibilités inédites. Elle devra surtout réapprendre à faire de la recherche un foyer d’initiative stratégique, et non un simple réservoir de compétences que d’autres puissances convertissent à leur profit, tout en acceptant que la puissance future ne se réduise ni au contrôle des marchés ni à la seule production de normes. Partha Chatterjee éclaire puissamment ce point lorsqu’il montre que les trajectoires postcoloniales ne se contentent jamais d’imiter la modernité européenne, mais recomposent autrement le rapport entre politique, culture, historicité et formes collectives d’existence. Revenir à ses propres capacités de recherche et d’invention suppose donc aussi, pour l’Europe, d’accepter que l’histoire parle plusieurs langues et que d’autres séquences de modernité puissent redéfinir les conditions mêmes du stratégique.
Une telle mutation exige aussi une autre idée de la souveraineté. Celle-ci ne pourra pas se limiter à la protection de secteurs stratégiques, à la relocalisation de certaines productions ou à la reconquête de quelques capacités industrielles, même si tout cela demeure nécessaire. Elle devra devenir une capacité de réorientation civilisationnelle. Elle devra consister à redéfinir les finalités du progrès, à articuler autrement science, technique, politique, économie et culture, à penser l’autonomie comme pouvoir de discernement collectif sur ce qui mérite d’être porté, accéléré, amplifié ou, au contraire, contenu. Cela suppose que l’Europe sorte enfin d’un double malentendu. Le premier consistant à croire qu’elle pourrait retrouver sa place en intensifiant simplement les instruments qui ont accompagné son déclassement. Le second consistant à penser qu’elle pourrait défendre son modèle sans transformer en profondeur le socle qui avait fondé sa supériorité symbolique. Or c’est précisément ce modèle, dans son soubassement le plus profond, qui doit être déconstruit. Non pour abolir l’Europe ou renoncer à ses acquis critiques, juridiques, scientifiques ou politiques. Mais pour cesser de confondre ces acquis avec un droit permanent à ordonner le monde. Enrique Dussel aide précisément à comprendre ce point lorsqu’il montre que la sortie de la centralité européenne n’ouvre pas seulement une crise du pouvoir, mais l’exigence d’une « transmodernité » plurielle dans laquelle aucune civilisation ne peut plus prétendre ordonner seule le monde. La souveraineté ne peut alors être repensée qu’à partir d’une pluralité de trajectoires historiques et de foyers de rationalité, et non plus depuis le monopole ancien du centre européen.
La réinvention européenne n’aura donc rien d’une simple modernisation. Il faudra apprendre à penser depuis un monde que l’Europe ne définit plus. Il faudra accepter que d’autres puissances disposent d’autres répertoires pour articuler histoire, collectif, technique et transformation. Il faudra surtout reconnaître que l’innovation, désormais, ne désigne plus la seule production d’objets nouveaux, mais retrouve la capacité à recomposer des formes d’organisation, des souverainetés effectives, des continuités historiques et des horizons communs. L’Europe manque d’abord d’un cadre suffisamment transformé pour reconnaître les formes sous lesquelles l’avenir se présente réellement. Tant qu’elle cherchera à se réinventer sans déconstruire, elle poursuivra une adaptation sans conversion, une réforme sans déplacement, une innovation sans refonte des fondamentaux. Elle gagnera du temps administratif, peut-être quelques positions sectorielles, sans retrouver pour autant une prise véritable sur le siècle et son devenir. Shmuel N. Eisenstadt permet ici de formuler avec davantage de portée comparative l’exigence de décentrement, puisqu’il montre que la modernité se déploie selon des configurations historiques plurielles, irréductibles au modèle européen, chacune travaillée par ses propres ressources symboliques, institutionnelles et politiques. Sanjay Seth radicalise ce point de vue lorsqu’il rappelle que les savoirs modernes issus de l’Occident ont longtemps imposé leur propre provincialité comme si elle valait vérité générale, rendant ainsi les autres trajectoires lisibles seulement sous forme de retard ou d’inachèvement. Réinventer l’Europe suppose donc d’accepter enfin que plusieurs modernités, plusieurs régimes de savoir et plusieurs temporalités historiques coexistent sans se laisser rabattre sur une seule généalogie centrale.
Une Europe capable de se relever sera donc une Europe qui acceptera de réinterroger le langage du progrès jusque dans ses présupposés les plus profonds. Une Europe qui comprendra que la puissance ne se rétablira qu’à condition de discerner le moment où ses propres cadres de compréhension deviennent des obstacles. Une Europe qui cessera de traiter sa propre histoire comme mesure implicite de l’avenir du monde. Jean et John Comaroff permettent de formuler cette bascule avec une originalité décisive lorsqu’ils montrent que l’Europe continue à se penser comme foyer naturel de la théorie, de la rationalité et de la direction historique alors même que nombre de dynamiques qu’elle croyait périphériques lui sont désormais opposées comme avenir. La crise contemporaine tient donc à l’épuisement de cette prétention à organiser seule le sens de l’histoire, du progrès et du monde commun, au moment même où le centre voit se déplacer hors de lui les laboratoires effectifs du futur.
C’est à cette condition que l’innovation pourrait redevenir autre chose qu’un mot d’ordre, la souveraineté autre chose qu’un réflexe défensif, et la réinvention autre chose qu’une promesse rhétorique. À cette condition, l’Europe pourrait espérer retrouver une prise sur son histoire et sur l’histoire qui vient, non plus en reconduisant le faux universalisme qui l’a portée, mais en s’ouvrant enfin à ce que ce faux universel l’a empêchée de voir.
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